NUMÉROS

Automne 2016 -La bête aura finalement survécu durant plus d'une année. Le petit monde culturel est en émoi. Si les chroniqueurs commencent maintenant à savoir de quoi ils parlent, on n'en finira plus. Comme si ce n'était pas assez, Fock se met maintenant à nous dire quoi faire et comment le faire. Une résistance devra être mise sur pied, il s'agit ici du droit inaliénable du public d'être mal informé. Après ce délire de banc de parc, le critique culturel moyen se demanda s'il était sur ou sous qualifié pour le McDonald du quartier.

Été 2016 - Accaparé par la chaleur du bitume, recherchant désespérément une galerie d'art climatisée à l'architecture néo-post-byzantine, Roland, sous le pseudonyme de tigre dans la jungle de béton, tentait de survivre dans un univers Proustien sans point, virgule ni repère. Le cinéma ne faisant plus son boulot initial, il compensa par la culture composite, protégé du soleil par le dernier numéro de Fock. La vie s'ouvrait, il était heureux, enfin un peu plus, et même les pubs semblaient lui sourire.

Printemps 2016 - Les mains tremblotantes, le cinéaste en rut prit le numéro deux de Fock. Soulagement, il venait d’échapper, du moins pour la saison, au jugement sans appel des artisans de La Générale De Cinéma. Libéré de ses démons, il feuilleta la superbe revue en se disant que la liberté d'expression était un truc vachement bien tant que ça ne l'atteignait pas. Puis il tomba sur "Comment faire un film au Québec", il fut pris d'un léger vertige.

Hiver 2015 - Quand Adrielle, jeune créative à la mode de Montréal, désire relaxer après une dure journée de travail à l'agence où se bousculaient discussion euphorique, café équitable et vol d'idée à la tire, elle feuillette dans son doux condo industriel urbain de Homa, le Fock, la revue de La Générale de Cinéma, pas seulement pour l'inspiration, mais pour impressionner ses partenaires de travail le lendemain avec de toutes nouvelles idées, étrangement similaires à ce que l'on retrouve dans le magazine.